Assurance

« Nous adaptons notre façon d'envisager la prévention »

AXA France va généraliser le référentiel Assurance citoyenne, lancé cette année, qui adapte les offres d’assurance et de prévention à la transition énergétique.

innondation

L'auteur

  • Céline Soubranne
    • Responsable de la RSE
      AXA France
    • Secrétaire générale
      AXA Prévention

Revue de l'article

En tant qu’assureur, constatez-vous, en France, une augmentation de l’exposition aux catastrophes naturelles ? Comment vous adaptez-vous ?

Nous avons tendance à penser qu’il y a une augmentation de ces catastrophes. Depuis six ans, nous avons eu quatre années avec une sinistralité au-dessus du budget climatique prévisionnel, notamment avec la tempête Klaus de janvier 2009. Nous avons consacré 328 millions d’euros au remboursement des dommages liés aux catastrophes naturelles en France en 2014. Dans la mesure où il y a un relatif consensus de la communauté scientifique pour confirmer que ces événements vont devenir plus fréquents, nous adaptons notre façon d’envisager la prévention.

Notre exposition aux catastrophes naturelles, en tant qu’assureur, nous a fait acquérir une expertise qui se décline sur deux axes :

  • la prévention, pour améliorer la capacité de résilience des populations ;
  • le financement de la transition énergétique, pour limiter ces changements en modifiant nos modes de vie.

Quelle est votre approche pour rendre la société résiliente ?

Nous avons par exemple conçu, avec AXA Prévention, une brochure pour donner des conseils aux assurés, et plus largement au grand public, afin qu’ils adoptent de bons réflexes. Cela peut passer par le fait d’élaguer ses arbres dans son jardin, d’installer son gros électroménager et son wifi à l’étage quand on habite en zone potentiellement inondable, etc.

Depuis cette année, nous envoyons des alertes météo géolocalisées à nos clients particuliers, professionnels et entreprises, assurés MRH ou Auto, pour les prévenir par SMS ou par mail d’épisodes climatiques dangereux. Ce service a été lancé en pilote l’année dernière avec un partenaire expert des prévisions météo et de la géolocalisation, puis il a été largement déployé, avec une granularité affinée à l’échelle de la commune.

Y a-t-il chez AXA France des produits d’assurance destinés à favoriser la transition énergétique ?

C’est un volet de nos actions moins impressionnant que nos grands investissements, mais tout aussi essentiel. Nous voulons développer des produits qui s’adaptent aux choix des particuliers d’être écoresponsables, ou les encouragent à l’être.

Cette année, nous lançons le programme Assurance citoyenne, qui développe des offres afin d’aider les consommateurs à consommer mieux, par exemple en les accompagnant dans la transition énergétique. C’est une démarche validée en externe, par EY. Dans cette gamme, il y a le Pack énergies nouvelles, qui garantit les équipements d’énergies renouvelables. Nous avons un pack, dans l’offre multirisques habitation, qui propose, en cas de remplacement d’un appareil électroménager, de le remplacer par un produit de catégorie A. Par ailleurs, nous avons signé en juin 2015 un partenariat avec Blablacar qui permet à tous ceux qui pratiquent le covoiturage, conducteurs et passagers, d’être couverts. Pour les clients entreprises, nous proposons, en cas de sinistre, un pack de reconstruction « verte ». Nous offrons 30 % de réduction sur les assurances Auto des clients qui font le choix d’un véhicule hybride ou électrique, etc.

Les offres de ce type vont-elles se généraliser ?

Quand il a été amorcé il y a 5 ou 6 ans, ce mouvement correspondait à des offres de niche. Aujourd’hui, nous avons déjà une gamme très complète. C’est un engagement de fond et en 2016, nous prévoyons que toutes nos offres entrent dans ce référentiel Assurance citoyenne.

Propos recueillis par Laure Bergala
 

Sommaire du dossier

Les acteurs privés se mobilisent pour le financement de la transition énergétique

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