Retrouvez les programmes économiques des candidats, et leurs déclarations, à l'adresse suivante : http://www.revue-banque.fr/presidentielles-2012-les-candidats-finance
Quel est votre sentiment général concernant les différentes propositions en matière de financement de l’économie ?
Que ce sujet soit évoqué dans le cadre de la campagne présidentielle est dans l’absolu une chose positive, voire même un élément favorable.
Pourquoi l’action des banques en direction des entreprises est-elle tant stigmatisée ?
Dire que les banques financent peu ou mal l’économie, ce n’est pas vrai. Les chiffres le prouvent : les encours de crédits aux entreprises ont crû de 4,9 % en
Quelles pistes pourraient être étudiées afin d’accroître l’accès des PME aux financements ?
Les banques constituent leur premier vecteur de financement pour les entreprises. Mais la diversification des sources de financement des entreprises pourrait être étudiée, afin de réduire leur dépendance au crédit. Par exemple, l’ouverture du marché obligataire aux PME est une bonne idée.
Selon vous, des mesures qui tendraient à accorder des avantages supplémentaires aux business angels méritent-elles d’être étudiées ?
La France n’a pas de problème de création d’entreprises ! Beaucoup d’aides et de dispositions fiscales ont été mises en œuvre depuis dix ans. Le niveau de création d’entreprises en France est à peu près similaire à celui du Royaume-Uni, et pas très éloigné de celui de l’Allemagne. Nous ne manquons pas non plus de grands groupes internationaux. Le réel problème de la France, ce sont ses ETI, qui sont trop peu nombreuses et sous-capitalisées. Elles connaissent également des problématiques liées à la transmission, avec un capitalisme familial beaucoup moins développé qu’en Allemagne.
Pourquoi renforcer les fonds propres des ETI, et de quelle manière ?
Des fonds propres supplémentaires pourraient leur permettre se développer : 5 à 10 millions d’euros de chiffre d’affaires dans une économie mondialisée, c’est trop peu. Une solution pourrait consister à proposer aux épargnants des produits d’investissement (dont la forme reste à définir) qui rendraient fiscalement attractif l’accompagnement en fonds propres des PME. Le taux d’épargne a atteint son plus haut niveau depuis 1983. Cependant, les particuliers rencontrent aujourd’hui des difficultés à trouver des placements intéressants, pourquoi ne pas leur proposer des produits d’investissement offrant un taux de rendement intéressant dans les ETI d’une certaine taille ?
N’existe-t-il pas déjà des dispositions similaires ?
Il est possible aujourd'hui d’investir au capital de PME et d'entreprises innovantes, par un investissement en direct ou via des fonds d'investissement, tout en bénéficiant d'incitations fiscales. Mais il n’existe pas de fonds spécifiques dédiés aux ETI.
Quelles seraient les conséquences d’une remise en cause du taux de centralisation de la collecte du livret A ?
Si tout est centralisé, les banques ne commercialiseront plus le produit. À partir du moment où les banques conservent une partie de la collecte dans leur bilan, elles ont un intérêt à le vendre. Il n’aura échappé à personne qu’avec la crise, les banques ont grand besoin de liquidités bancaires.
La décentralisation partielle des livrets d’épargne réglementée au profit des banques permet également de compenser l’atypisme du taux des livrets, très élevé par rapport aux taux court terme actuels.
Le relèvement du plafond du livret A est-il opportun ?
Il faut prendre garde à ce qu’un produit ne capte pas l’essentiel de l’épargne des ménages au détriment des autres produits. Il y a un risque de cannibalisation de l’épargne réglementée sur l’épargne de bilan. L’épargne de bilan, l’économie et les banques en ont besoin !
Faut-il surimposer les banques françaises ?
Prenons l’exemple de la Banque Palatine. Le seul levier de fonds propres dont nous disposons, c’est le résultat net. Si demain on nous impose à 50 % de notre résultat net, comme nous avons des objectifs réglementaires à atteindre, cela va se traduire par une tension sur notre activité commerciale, et nous pourrons octroyer moins de crédits.
Du fait du renforcement des fonds propres pour faire les crédits, si vous réduisez les résultats que vous pouvez mettre en réserves en fonds propres, vous allez réduire la capacité des banques à prêter. En outre, quand vous créez la rareté, vous créez le renchérissement, c’est mécanique. Cela se retournera vers les entreprises et contribuera à fragiliser l’économie.
Quels seraient les bénéfices d’un encadrement, voire d’une interdiction des LBO, lesquels sont extrêmement critiqués ?
Si vous les interdisez en France, ils se noueront dans tous les cas au Royaume-Uni, ou ailleurs… Nous sommes dans une économie mondialisée. Face à une réglementation restrictive, les pratiques se déporteront hors de l’Hexagone, sans réellement parvenir à encadrer les pratiques. La conséquence en est un appauvrissement du pays. Ces décisions, pour être réellement efficaces, doivent être prises de concert au niveau de l’Union européenne.