Qu’est-ce que votre agrément d’établissement de paiement signifie pour vous ?
Cet agrément nous donne le droit d’acquérir des ordres de paiement pour le compte des commerçants. C’est un jalon important, car il nous permet de lancer notre activité, mais c’est plus que cela : nous le voyons comme un atout différenciant par rapport à nos concurrents, et comme un label de confiance extrêmement rassurant pour les consommateurs français.
Comment s’est déroulée la procédure d’agrément ?
C’est un processus complexe nécessitant de mobiliser des compétences pointues, mais nous avons pu travailler de manière très constructive avec l’Autorité de contrôle prudentiel, ce qui nous a permis de trouver un bon équilibre entre nos exigences marketing et les obligations réglementaires.
Qu’entendez-vous par exigences marketing ?
Par exemple, nous aimerions – tout comme nos clients e-commerçants – que le paiement soit le plus rapide et le plus fluide possible pour l’utilisateur, mais ce n’est pas forcément compatible avec la réglementation.
Comment fonctionne Buyster ?
Lorsqu’un consommateur effectue des achats sur un site marchand, il choisit l’option « Buyster » parmi les modes de paiement disponibles. Il saisit ensuite son numéro de mobile et son code confidentiel Buyster à 6 chiffres. Ensuite, Buyster envoie un code à usage unique par SMS à l’utilisateur, afin de vérifier que l’acheteur est bien en possession du mobile.
Buyster est donc dédié au paiement sur Internet sous toutes ses formes : sur PC bien sûr, mais également tous les usages qui se développent actuellement sur le mobile, comme le paiement sur des applications ou des sites Internet mobiles, les tablettes tactiles ou les télévisions connectées.
Cela peut fonctionner pour des applications marchandes type smartphone ?
Oui, avec une cinématique unique sur le marché du e-commerce sur mobile. Dans une application mobile, nous allons automatiquement identifier l’utilisateur en phase de paiement, via le réseau de l’opérateur. Le numéro de mobile ne doit pas être ressaisi, et nous savons également que le client est en possession de son mobile. Le client doit simplement renseigner son code confidentiel Buyster à 6 chiffres pour valider son paiement.
De quelle manière assurez-vous la sécurité du dispositif ?
Le principe de base de Buyster repose sur une authentification forte. Nous sommes les seuls sur le marché à proposer une authentification de même niveau que 3D Secure.
Pour pouvoir utiliser nos services, il faut être physiquement en possession de son téléphone mobile, et connaître un code confidentiel à 6 chiffres associé au compte Buyster. Ce dispositif permet de garantir que la personne à l’origine de la transaction est bien celle qui détient le compte, et donc de limiter les risques d’usurpation d’identité.
Vous considérez-vous comme des concurrents de l’Appstore d’Apple?
Nous n’avons pas le même positionnement qu’Apple. L’Appstore vise avant tout les biens digitaux et plutôt de petit montant, et c'est un système fermé, non disponible pour d’autres marchands. Notre marché est l’e-commerce, dont le panier moyen est de l'ordre de 90 euros.
Quels sont vos atouts vis-à-vis de PayPal ou de 3DSecure ?
La sécurité, sans aucun doute, ainsi que la garantie que nous apportons au marchand contre la répudiation par le porteur. Mais également la simplicité et la rapidité, qui sont aujourd’hui des points faibles de l’offre de 3D Secure. En conséquence, 3D Secure est relativement peu accepté par les grands marchands, car le système occasionne des pertes de panier qui peuvent aller jusqu’à 30 %. Il s’est davantage imposé sur les petits et moyens marchands.
En résumé, notre proposition de valeur combine sans compromis l’ergonomie et la sécurité, à la fois pour les e-commerçants (garantie de paiement sans dégrader le taux de transformation) et les consommateurs (simplicité et rapidité, sans dégrader la sécurité, grâce à une double authentification). Sur le m-commerce, nous sommes les seuls à proposer une ergonomie mobile aussi adaptée : seule la saisie du code confidentiel Buyster à 6 chiffres suffit, le mobile étant authentifié automatiquement par le réseau.
Quels sont vos rapports avec les banques ?
Nous proposons un service à valeur ajoutée par rapport aux services fournis par les cartes bancaires, en apportant une fluidité dans le service, et de la sécurité. Nous ne pensons pas être des concurrents des banques, car notre offre est de nature à dynamiser les transactions réalisées par carte bancaire.
De plus, nous avons noué un partenariat avec deux banques dans le cadre du projet :
- le principe de Buyster consiste à associer au moment de l’inscription, de façon sécurisée, le numéro de carte bancaire du client à celui de son téléphone mobile. Pour conclure un acte d’achat, nous allons chercher l’argent sur le compte du consommateur, via ses coordonnées bancaires. Pour cela, nous avons besoin du concours d’une banque-acquéreur qui réalise cette opération. BNP Paribas est cette banque.
- Crédit Mutuel Arkéa nous fournit tout le système d’information bancaire.
De quelle manière vous rémunérez-vous ?
C’est un business model traditionnel dans le e-commerce : les commerçants nous versent une commission composée d’une partie fixe et d’une variable. C’est notre unique source de revenus puisque le service est gratuit pour le consommateur.
Qui sont vos partenaires commerçants ?
Nous avons communiqué sur quatre partenaires au démarrage : Rue du Commerce, BrandAlley, Aquarelle et Darty. 12 commerçants nous ont rejoints à ce jour. Notre objectif est d’en compter 20 au moment du lancement, prévu pour le mois de septembre 2011.
Votre service sera disponible en France, mais avez-vous l’intention de vous développer en Europe ?
Pas à ce stade, c’est trop tôt. Nous voulons d’abord réussir en France, c’est notre priorité. La question se reposera probablement l’année prochaine.
Songez-vous à une diversification de votre offre ?
La structure et la raison sociale de Buyster tournent autour de la mise au point d’une solution de paiement à distance. Même si d’autres développements ne sont pas à exclure, notre cahier des charges est celui-là.
Nous prévoyons, néanmoins, d’explorer d’autres supports de e-commerce mobile comme les tablettes tactiles, ainsi que de nouveaux usages qui pourraient abroger les frontières entre paiement à distance et paiement de proximité : par exemple, payer depuis son téléphone mobile un ticket de transport qui est ensuite téléchargé dans un espace sécurisé de la carte SIM, puis consommé – en NFC – sur la borne du réseau de transport.
Quels sont vos objectifs ?
Notre objectif est de devenir le n° 1 du e-commerce mobile à 5 ans, et un moyen de paiement incontournable sur le e-commerce, juste après la carte bancaire.