Matières premières : les spéculateurs sont-ils coupables ?

L'auteur

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Revue Banque n°734

Matières premières : la faute aux marchés ?

Pics jamais atteints pour le cuivre début 2011, à 10 000 dollars la tonne, et pour le coton dont le cours a dépassé les records constatés au moment de la guerre de Sécession, dégringolade en revanche du prix du lait, passé en six mois de 400 à moins de 260 euros la tonne… autant de données rappelées par Christine Lagarde lors d’une conférence annonçant les priorités de la présidence française pour le G20 en 2011, parmi lesquelles la volatilité du prix des matières premières figure en bonne place : « Nous avons validé la constitution d’un groupe de travail sous l’autorité du sous-gouverneur du Japon, […] pour avoir une analyse précise fondée sur des données empiriques concernant le rôle de la spéculation par rapport au rôle tout simplement de la loi de l’offre et de la demande » a expliqué la ministre à l’issue du G20 des 18 et 19 février. Le groupe de travail devra notamment apprécier le rôle joué par les produits dérivés sur les prix des matières premières physiques. Le dossier de Revue Banque montre la position nuancée de certains experts sur les faits générateurs de cette volatilité.

C’est une véritable douche froide : le projet de règlement « end date » du 16 décembre dernier de la Commission européenne fixe des dates butoirs pour la migration aux moyens de paiement SEPA, qui étaient très attendues par l’industrie bancaire. Mais le texte ne s’arrête pas là : non seulement il confirme ​l’interdiction des commissions d’interchange, mais il donne aussi des spécifications techniques nouvelles ainsi que des conditions d’accessibilité contraignantes sur les schèmes des moyens de paiement, provoquant une levée de boucliers des banquiers européens, mais aussi, une fois n’est pas coutume, de certaines associations de consommateurs. La mobilisation est forte, certains banquiers n’hésitant pas à évoquer d’ores et déjà une action en justice en l’absence de consensus…

Statut des CIF : « Pourquoi les associations agréées de CIF ne parlent jamais d’une même voix ? » s’interroge Philippe Arestan (Crédit Agricole CIB). Parce qu’elles regroupent des métiers très divers, mais surtout en raison des luttes d’influence qui les opposent : l'AMF en a agréé pas moins de 6, 3 d'entre elles totalisant 88 % des personnes déclarées dans le fichier qui les recense. « Cette situation pose inévitablement la question d’un éventuel rapprochement des associations ».

Risque opérationnel : le Comité de Bâle a précisé en octobre 2010 comment utiliser les polices d'assurance pour réduire l’exigence réglementaire en capital au titre du risque opérationnel. De nombreux points sont clarifiés, comme la modélisation de l’assurance ou la prise en compte du risque de contrepartie pris par l’assuré sur l’assureur. Une avancée notable même si « certains sujets n’ont été que partiellement abordés par les superviseurs », souligne Philippe Velard (Gras Savoye).

Faillite : la sauvegarde financière accélérée instaurée par la loi de régulation bancaire et financière d’octobre 2010 s'applique uniquement aux créanciers financiers. Elle consiste à présenter un plan prénégocié adopté à la seule majorité des participants et doit donc permettre de passer outre l’opposition d’un créancier minoritaire récalcitrant, comme l’expliquent Éric Séverin (Université de Lille), Philippe du Jardin (Edhec Business School) et Julien Regner (Université de Lille). Il faut espérer qu’elle aura plus de succès que la procédure de sauvegarde instituée en 2006, très peu utilisée à ce jour.

 

Articles du(des) même(s) auteur(s)