L’assurance en mode digital

Revue de l'article

Quels sont les effets de la digitalisation sur les services d’assurance ? Ils commencent par la souscription d’offres en quelques clics, des déclarations de sinistres en ligne, mais surtout la collecte de données toujours plus nombreuses et variées, notamment au travers des objets connectés, et les capacités de traitement actuelles permettent d’affiner au plus près le profilage des clients, au point de pouvoir y associer une offre hyperpersonnalisée. Cette pratique, si elle se généralisait, pourrait amorcer le détricotage du principe de mutualisation qui est aujourd’hui encore à la base des activités d’assurances. C’est sur ce créneau qu’interviennent notamment les AssurTechs*, mais les assureurs traditionnels ne sont pas en reste : ils développent eux aussi des « offres connectées » et se diversifient vers des services d’accompagnement et de prévention.

Mais à terme s’annoncent d'autres effets potentiellement bien plus perturbants, lorsque le Big Data vient challenger non pas les offres des assureurs, mais le sous-jacent du contrat ; l’automobile autonome en est l’exemple le plus emblématique : comment assurer un conducteur qui ne conduit plus ?

Ces évolutions auront probablement un impact sur la tarification des assurés, avec des écarts de prix plus marqués entre profils sûrs et profils à risques, et la question de l’exclusion des cas les plus difficiles. Elles auront aussi des répercussions sur la solvabilité des assureurs. Au final, tout le modèle économique des assureurs pourrait alors être modifié.

Le dossier organisé par Laure Bergala explore l’ensemble de ces pistes de réflexion.

 

De la digitalisation de l’assurance au RGPD, il n’y a qu’un pas. Le règlement européen pour la protection des données personnelles entrera en vigueur en mai. Pour autant les débats réglementaires ne sont pas clos : un projet de loi, que détaille Aurélie Banck (Lexing Alain Bensoussan Avocats), est en cours d’examen pour intégrer en droit français certaines dispositions du RGPD ainsi que les spécificités locales qu’il autorise, et transposer la Directive 2016/680 relative aux traitements mis en œuvre à des fins de prévention et de détection des infractions pénales. Sur le plan opérationnel, comme le montre l’enquête menée par Novaminds, c’est le branle-bas de combat dans les établissements financiers, pour mettre en œuvre un dispositif conforme aux exigences réglementaires, mais, soulignent les auteurs, beaucoup de programmes ne seront pas achevés le jour J…

 

Quelle est la feuille de route de la Commission européenne en matière de services financiers d’ici à fin mai 2019, date des élections européennes ? Benoît de la Chapelle Bizot (FBF) et Jan Ceyssens (Commission européenne) passent en revue les dossiers en cours : achèvement de l’Union bancaire, poursuite de l’Union des marchés de capitaux, prêts non performants, « paquet » réglementaire sur la réduction des risques et prise en compte des dernières recommandations du Comité de Bâle, finance verte, etc. La liste est longue et les délais sont courts…

 

L’inspection générale de la Société générale a fêté ses 150 ans en mars. C’est l’occasion pour Jean-Marc Giraud et Fabien Gonzato (Société Générale) de revenir sur les missions de ce corps de contrôle et de montrer comment elles ont évolué pour prendre en compte une réglementation beaucoup plus dense, mais aussi la digitalisation des activités. Seule constante : cette voie très sélective reste un tremplin pour des carrières de haut niveau dans la banque.

 

* Lire sur ce sujet le prochain dossier de Banque et Stratégie n° 368, daté d’avril 2018.

 

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