Actualité G20

Qu'elle était belle, la photo de famille du G20, le 2 avril dernier ! Pour les chefs d'État réunis à Londres, le message à transmettre à l'opinion publique mondiale était clair : rassurer en montrant un visage uni et, surtout, en annonçant des mesures. De ce point de vue-là, l'opération fut un succès, et les 2 000 journalistes rassemblés à Excel London, un centre de conférences "bunkerisé" pour l'occasion, rapportèrent ces paroles d'espoir avec un bel ensemble. Certaines conférences de chefs d'État ou de ministres, dont l'horaire et le lieu ne figurent pas sur le programme officiel, permettent, dès le 2 avril, de considérer l'union de façade avec davantage de circonspection. L'un des grands sujets de satisfaction du sommet n'a-t-il pas été l'augmentation des moyens financiers du FMI ? "Les dirigeants du G20, ont décidé de mettre immédiatement à la disposition du FMI des ressources de prêts supplémentaires, totalisant 250 milliards de dollars, qui seront par la suite incorporées dans le cadre assoupli des nouveaux accords d'emprunt (NAE), dont le montant sera porté à 500 milliards de dollars au total, se félicitait alors Dominique Strauss-Kahn, le directeur du FMI. Les dirigeants ont aussi appelé de leurs voeux le doublement de la capacité de prêt du FMI aux pays à faible revenu et le renflouement des liquidités internationales par l'émission de droits de tirage spéciaux (DTS), à concurrence de la contre-valeur de 250 milliards de dollars". Seuls quelques pays ont souscrit cette augmentation de ressources, au premier rang desquels le Japon (100 milliards de dollars) et l'Union européenne (75 milliards de dollars). La Chine et l'Arabie saoudite constituent des absents notables de ce tour de table. Dans une conférence organisée dans le centre de Londres, les ministres saoudiens des Finances et des Affaires étrangères s'en sont expliqués devant un parterre restreint de journalistes. Si leur économie s'est pour l'instant montrée résiliente face à la crise, ils préfèrent se montrer prudents, en conservant des liquidités. Ils craignent que l'essentiel des financements supplémentaires du FMI soit orienté vers les pays d'Europe de l'Est qui, pour certains, ont déjà fait appel au FMI. Ils considèrent également avoir largement contribué au renflouement du système financier mondial avec leurs participations répétées aux augmentations de capital dans les banques occidentales. Enfin, les pays émergents souhaitent conditionner l'augmentation de leur participation à celle de leurs droits de vote, appelés quote-part. Un point sur lequel les États-Unis, qui en détiennent environ 17 %, se sont toujours montrés réticents, et qui promet encore d'âpres et longues négociations. "Les quotes-parts forment la base des ressources du FMI et [?] il convient d'accélérer la prochaine révision des quotes-parts afin qu'elle puisse être achevée en janvier 2011. Il était clairement entendu que l'élargissement des NAE ne saurait se substituer à une augmentation des quotes-parts", rapportait un communiqué du FMI en date du 24 avril. La réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui s'est déroulée les 25 et 26 avril derniers à Washington, a constitué un cadre plus propice à ces débats que le très médiatisé G20. Si le G20 a remporté un indéniable succès d'image, les termes d'une réponse unie face à la crise sont encore à trouver.

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Revue Banque n°713

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