Promesse tenue !
Depuis plusieurs mois, la communauté
bancaire attendait de savoir
à quelle sauce elle serait mangée
en matière de taxation. Le 22 juin,
le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne
ont mis fin au suspens.
Dans une déclaration commune, les
trois pays ont affirmé leur volonté
de « garantir que les établissements
bancaires contribuent à la hauteur des
risques auxquels ils exposent le système
financier et l’économie en général et à les
encourager à apporter les ajustements
nécessaires à leur bilan pour ajuster ces
risques ».
Le texte précise que les détails de la
mise en oeuvre de cette taxe pourront
différer selon les pays. En particulier,
la France et le Royaume-Uni projettent
d’intégrer le produit de la taxe
dans leur budget, tandis que l’Allemagne
préférerait alimenter un fonds
de résolution.
En France, le dispositif sera discuté
dans le cadre de la loi de Finances 2011
et présenté fin septembre. Dans un
entretien accordé au Wall Street Journal,
Christine Lagarde a déclaré que la
taxe pourrait rapporter jusqu’à 1 milliard
d’euros.
Cette annonce, qui vient entériner
la volonté ferme de ces États d’instaurer
une taxe systémique, est destinée
à relancer les discussions dans
le cadre du G20 : « Il s’agit de montrer
à nos partenaires, y compris le camp des
récalcitrants dont font partie le Canada,
l’Australie et le Japon, voire certain États
émergents, qu’un groupe d’États solidaires,
dont font partie les États-Unis, est déterminé
à prévenir le risque systémique présenté par
certaines banques », a déclaré Christine
Lagarde au journal Les Échos. Surtout,
elle s’inscrit dans le cadre du projet
de l’Union européenne, qui doit être
discuté au mois d’octobre.