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01/07/2010

BRI

La réforme de l'économie mondiale ne peut plus attendre

Stephen G. Cecchetti, directeur du département économique et monétaire de la BRI, affichait son optimisme lors de la 80e assemblée générale annuelle de la Banque des règlements internationaux (BRI) : « Le délai de mise en oeuvre de ces réformes n' pas encore été fixé, mais nous restons dans les temps de la feuille de route décidée par le G20 en 2009. »

Pourtant, le sommet de Toronto, tout en se référant aux travaux menés par le comité de Bâle ou le FSB, n'a pas tranché sur la nature des réformes. Il a de plus introduit une souplesse dans leur adoption : « Tous les membres adopteront les nouvelles normes [qui] seront mises en oeuvre de manière progressive dans un délai qui respecte le redressement durable et limite les perturbations des marchés, d'ici la fin de 2012, et dans un horizon de transition qui sera déterminé en fonction de l'étude de l'impact macroéconomique du Conseil de stabilité financière (CSF) et du CBCB.

 

Ceci explique peut-être l'insistance avec laquelle Jaime Caruana, secrétaire général de la BRI, a appelé les gouvernements à mettre fin au plus vite aux plans de gestion de crise, pour se consacrer à la mise en place de solutions de prévention de futures crises. « Les mesures exceptionnelles destinées à soutenir un ajustement ordonné retardent, pour certaines, les changements qui s'imposent dans le système financier et l'économie réelle. » Selon lui, le prolongement de ces mesures exceptionnelles pourrait même raviver les tensions sur les marchés. Il s'agit donc, sans attendre, d'opérer une consolidation du système bancaire international, fondée sur l'assainissement des bilans bancaires, la réduction de l'effet de levier et l'adoption d'un modèle opérationnel reposant moins sur le crédit.

Jaime Caruana a identifié trois grands chantiers politiques, en phase avec la déclaration finale du G20 de Toronto :

 

 

De leur côté, les économies émergentes devraient montrer davantage de souplesse dans leur cours de change afin de renforcer la demande intérieure et conforter la croissance mondiale.

 

 

En marge de l'assemblée générale, quelques observateurs ont critiqué la multiplication des mesures gouvernementales à portée nationale, au détriment des grandes réformes internationales et de la convergence qu'elles impliquent. Les projets de taxe bancaire ont été tout particulièrement mis à l'index, car jugés annexes dans les scénarios de sortie de crise. « Le problème réside dans les interactions entre l'opinion publique, qui attend de telles mesures, et la démocratie, qui appelle à des décisions de fond comme la réforme de la réglementation bâloise », résumait ainsi l'un des participants.

Annick Masouave